Inspirations
La nouvelle alliance
Nous traversons dans nos vies des moments difficiles, souvent que nous n’avions pas prévus et qui nous tombent dessus comme un coup de massue alors que nous pensions tout contrôler. Quand cela arrive, nous crions à l’injustice, nous sommes dans l’incompréhension totale, dans l’effroi. Mais il n’y a jamais d’épreuve gratuite, toute épreuve qui se présente aussi injuste et souffrante qu’elle puisse être, est là pour nous faire grandir en conscience.
En effet le mot « épreuve » vient du latin « prova » issu du verbe « probare » signifiant « essayer », « tester » dans le sens de reconnaître qu’une chose est bonne. Le verbe « probare » dérivant lui-même de : « pro » = « en avant » et de : « bhu » = « croître ». Eprouver signifiant donc qui se développe dans la droiture. L’épreuve est initiatique, elle permet de dépasser nos limites pour accéder à une version plus évoluée de nous-même, moins égotique et davantage tournée vers le divin.
Le Livre de Job dans la Bible rend bien compte du sens de l’épreuve à travers l’histoire de Job, un homme qui a tout pour être heureux et qui en plus, est un homme bon mais qui soudainement est touché par de grands malheurs qui vont lui faire perdre tous ses biens, même l’estime de ses proches qui penseront qu’il a dû commettre un grave péché pour être puni de la sorte. Job endure sans se rebeller jusqu’au jour où il n’en peut plus et crie vers le Ciel. C’est alors que Dieu lui répond en lui demandant où était-il lorsqu’Il a créé le Monde et toutes les créatures qui le composent ? Job se sent alors si petit, impuissant et ignorant face à Dieu qu’il s’abandonne avec confiance à sa volonté aussi dure et incompréhensible qu’elle puisse être. Job comprend alors qu’il avait été trop imbu de sa personne en se croyant être le seul responsable de ses succès et de sa bonté mais il se rend compte à présent que toutes ces grâces venaient uniquement de la bonne volonté de Dieu qui peut aussi tout reprendre en un instant. Dieu attendait de la part de Job cette prise de conscience pour pouvoir le restaurer et lui rendre le double de bénédictions de celles qu’il lui avait ôtées. Nous comprenons aussi en parallèle dans le récit que c’est Satan qui a voulu défier Job, jaloux de ce serviteur fidèle de Dieu, il lui rapporta que s’il lui enlevait tous ses biens et sa santé, il se détournerait de Dieu. Dieu laissa la main de Satan châtier Job jusqu’à ce que ce dernier n’en puisse plus et se tourne enfin vers lui. Triomphe de Job et de Dieu ! En effet Dieu n’éprouve jamais au-delà de ce que nous pouvons supporter. C’est au moment où nous nous abandonnons à la volonté divine avec foi que l’épreuve prend un sens et se transforme en bénédiction.
En effet la providence divine, du latin « providere » = « pourvoir », est le destin quotidien que Dieu nous réserve et dont il sait mieux que nous, de quoi nous avons besoin dans nos vies pour nous rendre meilleurs. S’abandonner à la providence divine, c’est le contraire de vouloir contrôler ou obtenir, c’est avoir foi que tout ce qui nous arrive concourt à notre élévation, c’est faire un avec Dieu pour être l’instrument de sa volonté, c’est devenir le fruit de l’arbre de vie qui participe au plan divin, c’est donc être dans la gratitude pour notre vie car elle nous permet telle qu’elle est, de nous rapprocher de Dieu. C’est le contraire de la mode actuelle d’utiliser la loi de l’attraction pour ne vivre que des expériences positives et axées sur les satisfactions matérielles. Il est d’ailleurs dangereux d’utiliser les outils de Dieu pour goûter le fruit du paradis avant d’être devenu soi-même ce fruit ! Ainsi les hommes refusent l’initiation et donc l’évolution et se retrouvent coincés dans le cycle des incarnations humaines, sans pouvoir accéder au plan supérieur de leur nature divine.
C’est ce que raconte le Livre de la Genèse avec l’histoire d’Adam et Eve qui symbolisent l’homme et la femme encore inconscients de leur propre divinité et qui, pensant améliorer leur condition, vont céder à la tentation de goûter le fruit de l’arbre de la connaissance, tentés par le Satan, toujours présent pour nous éprouver ! Ce n’est que lorsqu’Adam et Eve atteindront la conscience de Christ et Marie, qu’ils pourront de nouveau être unis à Dieu. Adam et Eve n’ont pas tenu leur promesse à Dieu qui leur avait demandé de ne pas goûter à l’arbre de la connaissance. Ils ont été trompés par le Satan, ils ont trompé Dieu et ils se sont trompés eux-mêmes. Le mot tromper, vient de l’expression « jouer de la trompe », elle-même signifiant « se jouer de», du latin « iocare » = « plaisanter », « se moquer », le mot latin « ludus » signifiant aussi le jeu mais dans le sens de spectacle, d’illusion.
Il est en effet parfois difficile de distinguer l’illusion de la vérité. Adam et Eve n’ont pas fait exprès de se tromper, comme nous aujourd’hui, temps de fois nous pensons être sur le chemin de la vérité alors que nous nous sommes illusionnés. Comment donc reconnaître la vérité universelle contraire à l’illusion ? « Qu’est-ce que la vérité ? » est la question que Pilate posa au Christ. En latin : « Quid est veritas ? » Le Christ ne répondra pas car sa seule présence est la Vérité. En effet l’anagramme de cette question en latin, donne la réponse : « Est vir qui adest » signifiant : « C’est homme qui est ici ».
C’est donc en étant à l’image du Christ que nous restons dans le droit chemin de la vérité, loin de l’illusion des serpents. Ainsi nous nous réengageons avec Dieu et nous sortons de l’enfer de la chute du péché originel. Le Christ est le symbole de cette nouvelle alliance entre l’homme et Dieu.
Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! », Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc (7, 36-50)
Avec compassion, (du latin cum patior, souffrir avec)
Marianne VOLPELIER, 26 avril 2026